Les nouveautés LEGO au meilleur prix

LEGO Monster Fighters : 9466 The Crazy Scientist & His Monster (Photo par Chris McVeigh)

C'est volontairement que je n'ai pas sauté sur l'article de Brickset qui présente le cliché ci-dessus pris par Chris McVeigh au déballage de son set LEGO Monster Fighters 9466 The Crazy Scientist & His Monster et qui indique que la brique de gauche issue de ce set est beaucoup moins lourde, le plastique moins opaque et moins dense et que la couleur qui devait être du Medium Blue est loin de s'accorder avec celle de la brique de droite...

Toujours selon Chris McVeigh, l'ensemble des briques du set en question semblent de mauvaise qualité, à l'exception des slopes 1x2x2 en Medium Blue.

Cela étant dit, les réactions ont été nombreuses, et les commentaires de l'article en question pullulent comme d'habitude de remarques au sujet d'une possible fabrication en Chine de ces briques, ce qui expliquerait leur mauvaise qualité.

C'est un raccourci un peu rapide souvent fait dans le feu de l'action et sans prendre de recul. Quiconque a déjà travaillé avec des fabricants chinois, et je suis bien placé pour aborder le sujet,  sait que ce n'est pas aussi simple.

Les Chinois, comme les autres fabricants de la planète, produisent selon les critères fournis par le donneur d'ordre, en l'occurence LEGO dans ce cas précis. Et LEGO a forcément mis en place un contrôle qualité, tout au long du processus de production. Résumer l'industrie chinoise à la production de produits bas de gamme, c'est bien mal connaître la capacité de ces industriels à s'adapter aux contraintes du marché pour lequel ils produisent.

Ne nous voilons pas la face, les Chinois savent aussi fabriquer des produits de qualité. Le coût de la main d'oeuvre, extrêmement réduit, leur permet d'être compétitifs mais ils sont capables de tenir un cahier des charges précis, pour peu que celui qui commande la marchandise garde un oeil sur la phase de production.

Je pense qu'il ne faut pas incriminer systématiquement les usines chinoises sous-traitantes de LEGO pour chaque problème de qualité, et ils sont de plus en plus nombreux, que nous rencontrons actuellement dans différentes gammes.

LEGO peut avoir décidé de réduire ses coûts de production, en réduisant la densité du plastique, sa qualité, la qualité des pigments de coloration utilisés, le nombre de contrôles effectués durant la phase de production, etc...

Après tout, LEGO a retrouvé sa position de leader sur son secteur et chacun sait qu'il est facile de se reposer sur ses lauriers. Les actionnaires retrouvent le sourire, les dividendes, et en veulent toujours plus. Dans le même temps les volumes de production augmentent, permettant d'importantes économies d'échelle et favorisant la délocalisation de la production dans des pays capables de rép0ndre rapidement à une demande croissante mais qui n'ont pas la meilleure image sur le plan de la qualité. Que ce soit au Mexique ou en Chine, ou même dans les pays de L'Est, LEGO cherche à réduire ses coûts, et la main d'oeuvre en représente une grande partie.

Mais de substantielles économies peuvent également être réalisées en réduisant de manière même limitée la qualité des matières premières. Le consommateur lambda n'y verra que du feu, il s'agit avant tout d'un jouet de construction destiné à être manipulé par des enfants.

Les AFOLs eux, maniaques et minutieux, se rendent évidemment compte que de nombreux détails sont négligés par LEGO ces derniers temps, depuis les sérigraphies mal alignées au pièces qui se fendent rapidement après leur première utilisation.

Les problèmes de qualité sont là, de plus en plus présents, c'est un fait. Mais ne blâmons pas les Chinois ou les Mexicains. C'est à LEGO qu'il faut s'adresser, pour faire remonter l'information, et faire comprendre à ce fabricant leader aujourd'hui mais à la limite du dépôt de bilan il y a quelques années, que rien n'est acquis.

Les gens achètent du LEGO au prix fort pour la qualité des produits. Si cette qualité baisse, les prix devront également baisser, ou les consommateurs se tourneront sans états d'âme vers les marques alternatives, bien moins chères...