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Suite à l'annonce par LEGO des résultats du premier semestre 2017 et de la vague de licenciements qui en résulte, tout le monde y va de sa petite analyse, chacun étant plus ou moins influencé par ses propres croyances ou ses expériences personnelles.

Hier soir, j'ai ressorti de Brique en Brique (Brick by Brick), un livre très intéressant écrit en 2013 par David C. Roberstson, actuellement professeur à la Wharton School de Philadelphie (USA) et ancien professeur à l'Institute for Management Development (IMD) de Lausanne (Suisse).

Bien qu'il s'agisse ici plus d'un manuel de marketing et de management que d'un historique exhaustif et objectif de l'évolution de la société LEGO, on découvre au fil des pages de ce bouquin les différentes techniques mises en oeuvre pour éviter le naufrage annoncé dans les années 2000 et les choix stratégiques qui ont été faits en 2003/2004 pour sauver le soldat LEGO.

Il en résulte une plongée très intéressante dans l'univers d'une structure familiale qui a évité le pire pour rebondir intelligemment et (re)construire l'empire que l'on connaît. Avec au passage, des licenciements à la pelle, des fermetures d'usines, l'arrivée d'une nouvelle équipe aux postes clés, et un recentrage de l'activité de la marque autour de son produit fétiche : La brique en plastique.

Page 323, l'auteur écrivait d'ailleurs ceci :

"...Il y a peu de chance que LEGO parvienne à maintenir son taux de croissance stratosphérique : toutes les fusées finissent par céder à la gravité.

Il n'est pas improbable que l'entreprise se retrouve un jour l'esclave de l'ambition démesurée qui la pousse à s'attaquer aux poids lourds du secteur, Mattel et Hasbro.

Il lui faut en outre continuer à repousser une multitude d'imitateurs, tout en s'efforçant de garder la brique suffisamment séduisante pour les enfants du XXIème siècle..."

Si vous voulez vraiment comprendre pourquoi Jørgen Vig Knudstorp, l'un des acteurs principaux du reboot des années 2000, annonce aujourd'hui la fin d'un cycle et la restructuration de la société, il vous faut remonter en arrière et tordre le cou aux idées reçues. Ce livre vous y aidera.

Version française en rupture chez amazon mais disponible un peu moins cher directement chez l'éditeur Muttpop.

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Berth
Berth

Je l'ai lu il y a deux ans, c'est un livre très instructif, d'autant plus pour moi que la crise de LEGO s'était déroulée en plein pendant mon dark age, j'étais sidéré.

Manu
Manu

Les faits :
- Lego est un groupe de 18 200 personnes
- Son CA semestriel est de 2.38 milliards de dollars (2017)
- Ses profits net pour ce même semestre sont à 544 millions de dollars
- Lego fait donc 22.8% de profits Nets (c'est mieux que LVMH !)

Bref, de ce coté là, je ne suis pas inquiet pour Lego qui n'est ni Kodak ni la SNCF...

https://www.cnbc.com/2017/09/05/toymaker-lego-to-cut-8-percent-of-staff-as-sales-decline.html

Et pourtant 1400 postes vont être supprimés dont 600 au Danemark.

L'annonce est malheureuse mais on peut la tempérer un peu en prenant en compte quelques éléments.
- En 2016, Lego avait embauché 3500 personnes.
- 1400 départs ce ne sont pas 1400 licenciements (entre le gel des embauches, les départs en retraites, et les départs négociés...)
- Ceux qui partiront auront sans doute de bien meilleures conditions que si Lego était en faillite.
- Enfin, le taux de chômage est de 4.3% au Danemark (contre 9.5% en France) donc ce sera moins compliqué pour retrouver un boulot.

En résumé :
C'est malheureux pour ceux qui partent.
C'est un arbitrage court terme (dividende vs masse salariale).
C'est vendu dans un habillage "on est victime de notre forte croissance".

Je dirai plutôt que comme dans toutes les entreprises, la masse salariale est (et a toujours été) un critère d'ajustement mais que si demain Lego renoue avec la croissance, ils embaucheront peut être 2000 personnes sur 1 an...

Bref, travaillons notre "employabilité", nous les "pôvres" petits salariés !

le-poussin
le-poussin

Enfin, j'attendais ça avec impatience, la décroissance de Lego, dommage que ce soit les employés qui trinquent. Mais enfin, ils vont être obligé de réduire les prix, car si Lego vend moins ce n'est pas tant à cause de la qualité ou non des sets, mais des prix toujours en constante augmentation, que rien ne semble freiner. La première source de revenu reste tout de même les enfants avec les parents qui ont du mal a financer des sets de plus en plus proche des 50e et 100e et dont les promo ont été assez maigre ses derniers temps.

onibaba
onibaba

la course à la croissance constante est un leurre que seuls les commerciaux pensent savoir manipuler. Après y'a une distinction à faire entre faire de plus en plus de bénéfices, et avoir une activité stable et pérenne. Je pense que ces deux dernières années, on a tenté la course justement...mais le modèle économique de Lego n'est pas adapté à ce système commercial archaïque...ils viennent donc ce s'en rendre compte. Je suis persuadée qu'on y gagnera en tant qu'usagers.

Cis3po
Cis3po

Encore une analyse fort pertinente.
Eh oui, comme dit le proverbe "les arbres ne montent pas jusqu'au ciel". Et pourtant le seul leitmotiv des multinationales est toujours la croissance, sans se poser la question "jusqu'où".
Je suis étonné que l'auteur du livre aborde ce sujet et fasse preuve de réalisme économique (aussi bien que social) mais pas par les annonces de TLG dont les dirigeants payés par des salaires astronomiques n'ont rien vu venir.
A quand une business school qui enseignera aux futurs managers les vertus d'une économie durable au service de l'humanité et de son environnement ?
Allez, je blague.

Zaza
Zaza

WTF?? Ils n'ont vraiment pas d'autres pistes que de virer des gens?? Ils auraient pu annoncer plein d'autres choses : se recentrer sur quelques gammes, diminuer les sets sous licence, développer davantage les partenariats locaux (ex : écoles), teaser sur les futurs Lego qui ne seront plus en plastique ABS... Au lieu de cela leur communiqué ne concerne que les suppressions d'emplois, comme si c'était la réponse à tous leurs problèmes.

Phil13
Phil13

Virer des gens en clamant bravement "il faut faire plus avec moins" , c'est quelque chose de simple, que les actionnaires et les créanciers comprennent. Recentrer, développer, etc, amène toujours la question "est-ce que ça va marcher" ?

En plus, la première option prend moins de temps et tient le manager moins longtemps à distance de ses activités cruciales : se casser le dos à jouer au golf, suer sang et eau à faire de la voile, user sa vie dans des dîners d'affaires. Et elle démontre sa force.

Le choix est vite fait, non ? ( le tout étant d'un cynisme odieux )

Zaza
Zaza

Tout à fait d'accord !

Lando
Lando

Pas mieux! 😉

hervé911
hervé911

Histoire de rire ou de pleurer, j'ai discuté avec des gars qui ont bossé à l'usine Lego au Mexique (1 heure de chez moi), les employés ont le droit à 25 pourcent de remise (chouette hein) mais inutile car avec le salaire une fois déduit toutes les dépenses du mois il ne reste pas un peso pour acheter une boite... le salaire mini ici c'est de l'ordre de 250 euros. Donc où vont-ils licencier???? sachant qu'au final cette usine doit produire 70 pourcent des briques.

c4mus
c4mus

Lol ça leur fait une belle jambe effectivement. En tout cas, personne ne leur en voudra de revendre à prix d'or le set de fin d'année que tout employé reçoit. Pour eux, ça représente le 13-14ème salaire du coup...

hervé911
hervé911

Le soucis c'est que les boites sont "assemblées" aux USA, l'usine produits seulement les briques..... ce qui explique que les boites ici soient aussi chères qu'en France et bien sur pas de points collectionnables car pas de boutique officielle et pas de vente de la part de Lego par le net, trop vol dans la messagerie sans doute.

Sociolego
Sociolego

En voilà un article intéressant!
Merci pour la référence bibliographique!

kwear
kwear

Jørgen Vig Knudstorp est justement le problème : c'est le genre de gars qu'il faut mettre pour redresser mais pas pour mettre les turbines à fond autant de temps, sinon le moteur s'essoufle. Ils l'ont gardé trop longtemps tant pis pour eux.
Qu'ils baissent juste les prix, déjà, ça ira mieux.

Xav62
Xav62

En tout cas moi, adulte et collectionneur de sets Star Wars depuis le début de la gamme, je commence à m'en lasser: mes deux derniers sont le speeder de Rey et le transporteur du 1er ordre. La cause: d'une part des designs d'engins fades ou sans originalité dans la nouvelle trilogie et d'autre part je n'arrive plus à suivre les prix Lego SW. Tant pis je vais peut-être faire un break...

eclectica
eclectica

Je me reconnais pleinement dans ton témoignage, pour avoir eu un parcours semble t-il similaire au tien. En ce qui me concerne, j'ai fait le break l'année dernière.

Oban
Oban

Les licences les avaient bien aidé à remonter mais certaines s'épuisent

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